En ce premier avril 2011, je déclare la naissance du Nouveau Monde.
Et tu vas m’aider, Cheval! Je ne sais pas comment mais tu vas m’aider.
Alors…par où, va-t-on bien pouvoir commencer?
Je parlais avec ma banquière, ce matin, qui voulait bien m’expliquer comment de son point de vue, le monde dans lequel nous vivons marche. La crise est une crise de confiance. Tout à coup, en 2008, les banques ne se sont plus fait confiance et ont arrêté de se prêter de l’argent. On continue à échanger et on s’aperçoit que le peuple ne peut plus faire confiance à un président qui réhausse son salaire de 70% au mois de mai pour refuser en juillet une hausse du SMIC de 1%. La discussion suit son chemin et elle m’avoue ne plus avoir confiance en ce système social qui aide ceux qui profitent de la situation pendant que d’autres triment à payer (avec 1/3 de leur salaire) cette aide.
Crise de la confiance donc.
CONFIANCE. Allons voir chez Robert le Dictionnaire historique de la langue française.
« n.f, d’abord confience (XIIIe s.) emprunté au latin classique confidentia (confidence) et adapté d’après le vocalisme de l’ancien français fiance de fier. Le mot autrefois doublet de confidence, désigne le fait de croire avec assurance, de se fier à qqn ou à qqch. Par rapport à foi, il est laïc et psychologique; il a plus d’analogie avec espérance et implique un sentiment de sécurité. Au début du XVIIe s., il a pris la nuance d’ « assurance », notamment dans confiance en soi.
Espérance, sentiment de sécurité.
De croire avec assurance, se fier à qqn ou à qqch.
Confiance en soi.
C’est pas gagné. Voici un mot drôlement fragilisé aujourd’hui.
Hééé, ho! Je t’ai déjà dit, cheval, de ne pas trop t’approcher de moi. Je veux bien qu’on soit copain, mais on n’a pas gardé les vaches ensemble non plus! Héééé!!!!! Va-t-en! Tu te colles, une mouche va passer, te faire peur et tu vas m’envoyer ton sabot dans la figure. Va-t-en, je te dis! Tu es trop impulsif et peureux. Je n’ai pas conf…, ahahahaha!!!!! Je comprends! Eh bien oui! Je n’ai pas confiance en toi. Tu es malin, cheval!
Alors je vais te raconter pourquoi je n’ai pas confiance en toi.
Lorsque j’étais petite, mon père ou ma mère, je ne sais plus, m’a offert un cours de cheval. Il y avait une copine avec moi, je crois. C’était un après-midi de vacances et le centre équestre n’était pas loin. Une fois, tout les enfants montés à cheval, le professeur nous fait faire un petit jeu. On part tous d’un côté du terrain pour aller chercher une feuille à l’arbre et la ramener au point de départ. Rien de bien compliqué. Pas de bol ce jour là, j’avais une jument qui était pleine. Elle se coucha avant même d’arriver au petit arbuste. J’ai cru qu’elle allait m’écraser la jambe. Oui, d’accord, ce n’est rien. Attends voir la suite! Une autre fois, toujours un de mes parents tente le cours d’équitation pendant les vacances. Pleine de confiance, je monte sur un grand cheval marron très sage précise le professeur. Allez savoir pourquoi le cheval très sage s’est mis à ne plus écouter le professeur et à vouloir sortir du manège. Moi, qui le voyait déjà partir au galop à travers champ, je me crampone à la selle, à sa crinière, à tout ce que je peux de toutes mes forces. Il galope en tournant en rond. J’ai dû passer du vert au gris. Le professeur réussit à l’arrêter. Je descends les doigts en sang, pleurant de peur, jurant que je ne remontrai plus sur un cheval de ma vie. Ahhhh! Tu vois! Ca devient saignant! Et je vais te raconter la dernière expérience qui te fera reconnaître que j’ai raison de me méfier de toi, vieux canasson! J’ai un cousin amoureux des chevaux depuis sa tendre enfance qui m’invite un jour à faire une ballade à cheval. Un cousin très très fort pour monter à cheval. Un cousin qui connaîssait très très bien ses chevaux. Je refuse en lui racontant mes aventures chevalresque précédente. Il insiste et me rassure tant et si bien que j’accepte. Quel mal m’en a pris! Il ne peut rien t’arriver de grave, m’avait-il dit. Tout avait bien commencé quand, arrivée à l’orée d’un prés, il me précise que ce chemin est leur piste de galop habituelle. Avant que je ne m’affole il m’assure que mon cheval ne partira pas au galop si le sien ne part pas et le sien ne partira pas! Bien. A peine le sentier entamé, mon cheval passe devant le sien et se taille au galop. Je hurle! Il me crie de tirer sur les rênes pour l’arrêter. « Il ne veut pas s’arrêter! » « Tire! Tire! » « C’est ce que je fais!!!!! Au secours!!!! » Je tire tant et si bien sur les rênes que le cheval se cabre et m’envoie valdinguer pour s’arrêter brouter quelques pas plus loin. J’atteris sur le dos, ma respiration se bloque un instant puis reprend. Mon cousin accoure. Je fonds en larmes. J’ai eu la peur de ma vie. Le lendemain, j’avais des bleus grands comme toi, cheval! Voilà, toute l’histoire! Et à chaque fois, on m’avait prévenu que tout irait bien. Fourbe, vous êtes, toi et les tiens! Alors oui! Je n’ai plus confiance!
« Je ne te demandes pas de monter sur moi. Je n’ai nul part où te mener. Et je n’ai pas non plus confiance en toi et les tiens. »
Quoi???? Tu parles!!!! Je rêve! Est-ce toi que je viens d’entendre? Parle, vas-y, je te regarde. Allez! Dis moi n’importe quoi. Répète ce que tu viens de dire. Qu’est-ce que tu as dit, d’ailleurs?
…
J’ai rêvé. Des hallucinations auditives, on appelle ça. A force de te parler, je crois que tu me réponds. Dans le nouveau monde, la confiance réapparaîtra. Je suis prête à de nouveau te faire confiance, cheval. Il faut juste un peu de temps. Il faut qu’on discutte.
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